« Manz Winternale Classic » - Auvergne 2008
Samedi, janvier 26th, 2008
Un simple écran Internet octroie d’office, au lambda moyen, le don d’ubiquité et permet des contacts de tout premier ordre. Néanmoins cela ne remplacera jamais une vraie rencontre… épicétou.
En passant, à propos de ferraille, je lisais y’ a peu que les bourses moto reprenaient du poil de la bête les motards après une passade virtuelle semblaient retourner sur le terrain palper les pièces tant convoitées… Un signe aussi.
Dans la foulée d’ la Mono Longue Course Story (voir les épisodes précédents 1 et 2 ) les 3 vilos de XT récupérés chez Nico de Barigo s’ajoutent au vilo de SR offert par Xaviermono du Bord de Seine…
Pourquoi ? Ben… y’a du vilo 5 parties en cogitation sur la table à dessin. Je me devais donc d’aller apporter le tout au célébrissime préparateur de monocylindre que les Russes, les Américains, les Chinois et les Indiens nous envient. Daniel Winter, boss d’ Est-Motorcycles, là- bas en Auvergne.
Le mono est une de ses passions, le plus célèbre d’entre eux, le Manx Norton.
Rouler à moto en hiver à destination du prieuré, atelier d’ la moto traditionnelle, fait penser à une p’tite hivernale… hein !
Brouillez l’ tout et vous obtenez la “Manz Winternale Classic” 2008.
Contrairement aux autres concentres de grandes notoriétés celle-ci n’a lieu qu’une fois par siècle. C’est unique, tout comme le personnage que je visite…
Allez zou, on y va !
4 vilos c’est 30 kg de technologie d’ la manivelle sur l’ porte bagage d’une Yam SR 500. Ça vous allège l’avant « grave » … La poignée de gaz en devient presque délicate à tourner, si…
Dis donc l’ Décati Neuf Teuf Teuf, oui toi l’animateur poussif des joyeux Castors Juniors, t’as fini d’ t’gondoler ?!?
F’rais bien mieux de m’expédier mon dessin qu’ j’attends bave aux lèvres, baguettes et colle à la main pour encadrement.
Et toc !
En début d’année j’étrenne le nouvel équipement spécial voyage. Je me suis laissé convaincre par le sac réservoir étanche avec son tapis «magnétique»… les sacoches cavalières et un sac fourre-tout lui aussi parfaitement étanche. Le porte-carte amovible est bien pratique de plus il accepte facilement deux pans de carte Michelin. C’qui m’ change, pour ceux qui connaissent, des célébrissimes feu les sacoches de réservoir Briant… Combinaison gagnante pour la balade par tous les temps avec bivouac en pleine nature (même hostile mais pas trop quand même…). Les manipulations sont nettes et rapides, matos pas fragile. Au fil des jours, sac de couchage, rechanges et autres ont évité l’humidité malgré de la bonne grosse pluie en roulant et durant toute une nuit en dormant… Très pratique le sac fourre-tout au fil de la balade pour mettre les emplettes / arrêts pique-nique / réserve d’eau etc… pour qui sait organiser judicieusement son rangement (sac en sac). Certainement l’option la plus efficace à long terme ! Jamais trop tard pour bien faire… Les manchons sont aussi de sortie, rouler avec des gants demi-saison pour de bonnes sensations sans avoir l’onglée… extra. Définitivement laid tout de même !
Les 120 litres de volume total disponible permettent de « tout » emporter pour le voyage au long cours, d’une semaine ou sur dix ans…
Quant à l’équipement pour se sustenter agréablement il est obstinément limité mais permet de chauffer et de cuisiner. L’incontournable réchaud à alcool ne me laisse jamais en panne. Ce carburant se déniche assez facilement un peu partout (planète itou) ce qui est loin d’être le cas des cartouches de gaz. Quant à la version essence, avec nettoyage du gicleur et retour de flamme dans la tente, merci… et ça pue… niet !
Pour dormir l’une de mes trois options pour le « repos du guerrier » est le hamac. D’une praticité rare à condition de trouver deux points d’attache il est peu gourmand en encombrement. Associé à une petite toile pour s’abriter de la pluie (un peu plus longue que celle utilisée cette fois : tapis de sol de la tente tipi) c’est le meilleur façon de dormir en bivouac.
Un abri de dimension 3 m50 x 3 m en Silnylon (tissu technique disponible chez Arklight) est en cogitation pour la prochaine sortie. Pour résister au froid il suffit de mettre au fond du « lit » un tapis de sol en mousse de copolymère acétate de vinyle à alvéoles fermées… de se glisser dans son bon sac de couchage (le synthétique est à préférer car il garde mieux ses qualités en cas d’humidité permanente). Possibilité d’ajouter une drap polaire + drap soie et le tout dans un sur-sac imper respirant.
Dans cette configuration le confort est excellent. Dormir dans la diagonale du hamac (3 m x 1.5 m) permet d’être pratiquement allongé comme dans son lit. Au montage j’ le fais pocher un peu et je n’utilise que de la corde statique en 6 mm pour son arrimage. Il ne reste plus qu’à se laisser bercer…et dans le meilleur des cas regarder danser les étoiles…Concession URAL et importation JAWA, restauration de motos anciennes, préparation de moteur.
Le mono est ma tasse de thé, un breuvage digne des dieux, que dis-je, mon élixir de jouvence, et ben ça tombe bien puisque la préparation du mono 2 soupapes de chez Yamaha est une de ses spécialités. Montage du moulbif en longue course (bielle courte et autres délires), préparation de la culasse, conception / réalisation d’arbres à cames « coupleux » ou « tours minutes », pistons spéciaux … bref la totale. Plus globalement, toute la mécanique générale qui tourne autour de la moto et plus si vous le demandez gentiment…![]()
Le temps d’ un petit tour dans le village je me retrouve en compagnie d’un singulier personnage au physique avantageux poussant son Peugeot tout bleu… Le père Noël existe, il est auvergnat pure souche et je le vois qui se dirige vers son sauveur. Sa mob a crevé de l’arrière et la chaîne est en vrac. Il pousse déjà depuis quelques kilomètres… Ici, faut dépanner tout l’ monde particulièrement ce type de personnage qui circule par tous les temps et toute l’année sur son deux roues. Respect ! L’archétype même du motard sur “tasse à café” qui n’a évidemment aucune leçon à recevoir des plus grosses cylindrées…
Vif d’esprit et infiniment malicieux, c’est ensemble que nous avons attendu l’ouverture de la “concess.” Excellent moment de franche rigolade et j’en ai profité pour l’inviter à poser telle la star (ronchon mais content) !
La route de Combrailles, principalement du printemps à l’automne, est très passante puisqu’elle distribue de splendides échappatoires … D418 vers la Biesse, D19 vers Charbonnières-les-Vieilles, D16. Cette D227 est farcie de virolos pour se chauffer avant les Gorges de la Sioule, Gorges de Chouvigny j’en passe et des meilleures… Michelin n°326.
Il n’est pas inutile de traduire « Atelier » dans de nombreuses langues car cette magnifique région attire des visiteurs de toute l’Europe et de bien plus loin !
Voici le beau side-car Ural de Daniel et le panier de son amie, Valérie. 30 000 km de « no souci » car ici on respecte la mécanique et sa préparation minutieuse au déballage. La récompense : une fiabilité qui ne souffre d’aucune critique. Tout est affaire de bon sens et de patience. Faites ce qu’il faut et ce side-car saura vous le rendre au centuple et n’écoutez pas les oiseaux de mauvais augures…
Daniel sur la moto, dans le panier Valérie, voilà un trio qui fleure bon l’équilibre… De leur nichoir, les deux tourtereaux dominent et la vue de leur balcon, au point du jour, est absolument magnifique. Au loin, esquivant les reliefs de l’Auvergne, un regard averti peut accrocher les Alpes.
Nico, l’ fiston de Dan, est venu nous faire une p’tite visite de courtoisie. Cela fait déjà plusieurs années que je courrielle “moto” avec lui… un saignant de la poignée et du clavier.
J’aime bien cette image car on y voit ces chalands atypiques rythmer, à leur façon, l’activité de la concession… Pendant que le moine Winter officie sur un pignon de roue les deux anciens palsmodient des incantations impies sur la société et la manière actuelle de la conduire… Faut les entendre philosopher sur mille sujets, les plus graves comme les plus futiles… la vie quoi !
Est-Motorcycles dans toute sa splendeur. Deux pleines caisses (en bois de Sibérie, un must…) viennent d’arriver d’ Irbit en Russie. Du travail de montage certes mais aussi de préparation. Quatre jours sont nécessaires pour les rendre aptes aux premiers kilomètres… et tous les suivants. Cette semaines ce sont deux sides-car Ural, un “Rétro” tout de noir vêtu, entouré de liserés blanc très classieux et un Sportman vert anglais absolument magnifique. Les proprios doivent aujourd’hui rouler Ural’ heureux dans la campagne…
L’esprit de Dan traîne autour de mon moteur, tournevis à l’oreille il ausculte niveau cylindre. Pas d’ doute, un p’tit claqu’ment au pied d’ bielle… Rien de grave mais au prochain réalésage, on s’en occupe. Net et rassurant. C’est pas fini… Semaine prochaine deux autres Sides-car Ural arrivent… ainsi va « la concess ».
La carrosserie, c’est pas d’ la gnognotte, c’est du costaud, du vrai du beau du lourd. Manipuler du side par le garde boue ne pose aucun problème… En perdition, en tout terrain ou au fond d’un cul-de-basse-fosse tous les tractions sont permises c’est fait pour ça. Les Russes ont le sens du rustique efficace et en ce troisième millénaire ça plait de plus en plus ! Même les Américains en redemandent. N’est-ce pas eux les plus gros consommateurs de la production d’ Irbit…
Je n’allais pas quitter le prieuré de la mécanique sans faire un p’tit tour en 3 roues et 1 couffin… Le panier est plutôt spacieux j’y prends place sans difficulté, je glisse la polaire de Madame sur mes guibolles, rabats la capote au maximum et c’est parti en allure de chauffe donc bien tranquillement, sans forcer… Le paysage défile, l’air est vivifiant, un vrai régal !
Pour la balade suffit de cliquer sur l’image à droite elle vous promènera quelques secondes dans une autre dimension… et en silence, mon fidèle Nikon Coolpix 2200 fait c’ qu’il peut !
Le passage des vitesses émet un bruit BMW, c’est bon signe !![]()
Je peux voir l’arbre de transmission tourner comme un fou, tout est à l’air, on voit tout, on sent tout. A 80 km/h le moteur exprime son plus profond contentement. Dés qu’ les virages serrés se pointent Dan coupe, Dan ouvre , Dan en rentre une et ainsi d’suite… enfantin ! Un vrai jouet. C’est la première fois que je roule dans un side Ural, ??????? !
Bonne petite hivernale. Pas de droit d’entrée, pas de médaille, pas d’organisation des masses, pas grand monde sur les p’tites routes, un excellent moment de bécane et des rencontres qui comptent …
Haaaaaarg…. ce mono 2 soupapes pour la balade délicatement tortueuse, c’est l’ top ! En side Ural ça doit être pas mal non plus… Faudrait les deux !
Reste que pour “allumer” un peu sur ces routes serpentines, vitaminer le mono est indispensable et c’est ce à quoi l’on va s’employer dans les mois qui viennent. Organiser la chose sous l’égide du savoir faire de Daniel Winter d’ Est-Motorcycles, v’là l’objectif. Je vais donc bientôt battre le tambour pour rassembler les motivés du “couple à pleurer”… Encore un peu de patience les options techniques se précisent tranquillement…
Le programme immédiat c’est d’aller laver la moto, jeter un oeil un peu partout, graisser par-ci par-là, en vue d’ la prochaine balade.
Dis donc l’ Jean-Louis, en mars, on s’ ferait bien une p’tite sortie nature… en Normandie ?
Arvella’ MWC 2008
Chanson pour l’Auvergnat - Brassens
http://www.uralmotorbikes.info/gallery.htm
Allez, cap à l’ Est… Motorcycles. Route des Combrailles 63410 Manzat - France
Téléphone : 04 73 86 52 91 En cas de nécessité importante, contacter le 06 85 19 07 15
Fax : 04 73 86 52 91